42°N 3°E
Laëtitia GRÜN
Du samedi 24 octobre 2026 au dimanche 03 janvier 2027
De 10h à 12h et de 14h à 18h
À la Galerie municipale le Tenyidor
10 rue de la Prud’homie, 66190 Collioure
Rêves, rêves, rêves,
le soleil bleu des rêves enfin fait reculer les bêtes aux yeux d’acier vers leurs tanières.
Louis Aragon, Une vague de rêves, 1924
Le ciel est bleu mais la nuit est noire. Et la mer est bleue pour qui veut bien le croire.
Le bleu n’existe que dans l’œil du rêveur qui croit encore que le ciel l’attend.
Mais le ciel n’attend personne ; et la mer prend plus qu’elle ne donne.
Profondeurs noires.
Alors le bleu nous console d’avoir perdu le ciel. Il ouvre ses bras immenses et nous
enveloppe de son grand corps, souple et tendre et chaud. Il nous dit à l’oreille que
le monde est un berceau dans lequel encore abriter nos rêves, loin des bêtes aux yeux d’acier et des nuits au sommeil de plomb.
Que derrière le noir du monde, il y a le bleu et qu’il suffit de fermer les yeux.
Arbres bleus, étoiles bleues, nuit bleue. Sous la langue, le sucre a des douceurs de bleu
dragée et dans de vastes jarres laissées en plein soleil, même le vin prend des teintes violines.
Alors pour soigner nos enfances égratignées, Laëtitia Grün passe tout au bleu de méthylène.
Bleu nos peaux, bleu nos corps fatigués, bleu ce que le temps nous a fait.
Le Collioure méthylène de Laëtitia Grün existe dans un petit recoin ensoleillé de notre
mémoire collective. Il est une escale pour marin, un atelier pour artiste, un refuge pour épicurien,
une halte pour voyageur un peu rêveur.
Il est le village bleu de nos rêves noirs. Il est le village bleu pour qui veut bien le croire.
Claire Muchir