François Bernadi, Les Santoni, 1947

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François Bernadi, Les Santoni, 1947, huile sur bois, coll. musée de Collioure, crédit François Pons

François Bernadi est un de ces « gosses de Collioure » à qui Augustin Hanicotte a appris le dessin.

Issu d’une famille de pêcheurs-vignerons, son destin est tracé : « A Collioure tu naîtras, à la sardine et à la vigne tu iras. » S’il a pratiqué ces activités, il s’est également toujours adonné à la peinture et à l’écriture.

Son recueil de nouvelles est publié en 1955 grâce au soutien d’Albert Camus qui écrit la bandeau d’accompagnement: « Rue du Soleil » « …ou les merveilles de l’ombre ». Car c’est bien vers les pans les plus sombres de notre condition que nous emmène Bernadi.

Des haleurs hissent leur barque sur la plage. Malgré la naïveté du trait, pieds caleux, mains déformées par l’effort et visages ravinés par les éléments disent la rudesse de leur quotidien. Sans jamais rechercher la joliesse du pittoresque, le peintre s’attarde sur ces corps usés et ces visages hébétés de fatigue.

Primitif moderne, Bernadi développe un style empreint d’une poésie simple et brute qui nous raconte le châtiment ancestral qui voit chaque jour l’homme lutter pour tirer de la terre ou des eaux les éléments de sa survie.